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LA DOULEUR

23/02/2017
LA DOULEUR


Depuis sa dernière éditon française en 2014, j'attendais avec un brin d'impatience le retour à Paris* des Journées de Posturologie. Et j'ai eu la chance cette année encore de pouvoir y assister, en tant qu'exposant aux cotés de notre distributeur Podiatech. L'intérêt du congrès, ce sont biensur les conférencees, données qui plus est dans un amphi qui à chaque fois me donne envie de me retrouver étudiante à nouveau ! Cette année la thématique du congrès était : « Douleurs chroniques ; neuropathiques et Posturologie ». Oui je sais, à première lecture ça rebuterait presque ... 


Traduction : douleurs physiques, non physiques ; lien avec la Posturologie. 


La Posturologie est une discipline passionnante, qui intéresse de plus en plus les médicaux et paramédicaux en général, le public des podologues en particulier, puisque cet outil leur permet entre autre de mieux établir un diagnostic, pour ensuite trouver des solutions plus intelligentes et donc plus efficaces ; là où se limiter à la seule étude des pieds se révèle toujours ... et bien limitant ; en terme de diagnostic, et donc de solutions. Les plus avertis iront se former auprès d'organismes tels que Connaissance et Evolution à Paris, qui draine un public de professionnels : podologues et ostéopathes majoritairement.  Quant à  l'API (Association Internationale de Posturologie) qui est à l'origine des journées de Posturologie, ses actions se passent à un autre niveau. L'un et l'autre organismes travaillant en étroite collaboration. Et c'est à chaque fois pour un événement des plus réussis, d'après les échos des congressites. 


Cette année donc, la douleur ... et prolongation professionnelle oblige, la thématique ne pouvait pas me laisser indiférente, puisque notre "best seller" chez Qenoa est prisé pour ses vertus antalgiques, et que c'est une carractéristique de produit qui en concerne quelques autres.  **



Retour sur les bancs de l'amphi : les conférences étaient comme à chaque édition très pointues, étant donné le public. Et si je n’ai pas la prétention de retranscrire des informations dignes du « level » auquel je suis allée me frotter le dimanche matin, et bien mon intention est tout au moins d’aborder dans cet article la question de la douleur. Car si nous la vivons (avec un peu de chance, ni au quotidien ni à trop grande échelle), il est rare que nous parlions d’elle au-delà de la simple expression de sa présence : «  j’ai mal au ventre », « ma dent me fait un mal de chien », etc. Je veux dire qu'au delà du fait de la vivre, nous développons rarement le sujet dans nos conversations de tous les jours.  


J’entrerai dans le vif du sujet avec une citation de Blaise, que j’ai relevée en ce dimanche matin, deuxième et dernier jour des Journées de Posturologie 2017. Blaise donc, a écrit un jour :


« Il n’est pas honteux de succomber sous la douleur, il est honteux de succomber sous le plaisir ».


On aurait à priori beaucoup traité de la douleur dans la littérature, en opposition au plaisir. J'ai alors pensé : sans doute les restes de l’approche Judéo-Chrétienne qui nous dit que « souffrir c’est bien » (entendre "noble") alors que « prendre du plaisir, c’est mal » (les flammes de l’enfer, tout ça, vous voyez ?). M'est alors revenu à l'esprit le "Sois sage, ô ma Douleur" de Baudelaire ...et tiens, comme la Douleur est Belle en robe de Poésie.


Dimanche matin, première conférence pour moi, au cours de laquelle j'ai appris que des éléments cognitifs vont venir influencer la douleur, son degré. C’est-à-dire des facteurs non physiques. Une douleur physique, due à une chutte par exemple, serait ressentie à un degré variable selon des critères qui n'ont rien à voir avec nos sensations physiques. Imaginons par exemple un jeune homme dans la situation, accompagné de son amoureuse. Celui-ci aura plutôt tendance à serrer les dents pour se montrer fort aux yeux de sa belle. Et en conséquence, la douleur ressentie serait amoindrie. Certains cas de blessés de guerre sont très instructifs dans cette même approche de la douleur, et ont fait l'objet d'études. 


Des études ont égalemement été menées en milieu hospitalier, basées sur l'influence de l'approche du corps médical face au patient, dans le cadre du diagnostic annoncé. La douleur inhérente à la maladie du patient serait influencée par la façon dont l'annonce du diagnostic est faite. Par prolongation, l'efficacité du traitement prescrit serait également influencée. Je suis bluffée par l'idée ; un peu quand même.


Suivait une conférence qui traitait de l’évaluation de la douleur et de la contribution des comportements non verbaux.


Je cois que jusque là je ne m'étais jamais posé concrètement la question qu'amène cette thématique. Certains souffrent et ne peuvent pas l'exprimer par la parole : oui, l'idée est parfaitement claire et évidente. Sauf que, je n'avais jamais été invitée à réfléchir sur le "qui est-ce que ça concerne". Et la question relève en fait d'une approche sociétale. De la naissance et jusqu'à un certain âge, nous avons tous connu ça. Ce phénomène se reproduira à la fin de nos vies, pour la plupart d'entre nous. Par ailleurs, certaines pathologies empêchent l'expression orale compréhensible. 


Et un épisode anecdotique m’est revenu à l’esprit, concernant la douleur du nourrisson.


Une amie m'a un jour parlé de l'expérience traumatisante de ses premiers mois de vie. Née prématurément, il lui manquait certains os dans la colonne vertébrale, ainsi qu’une côte. Tout bébé, elle a donc subi des interventions chirurgicales lourdes à répétition, et j’avais été choquée au moment où elle m’avait expliqué qu’à cette époque (dans les années 80) la douleur chez le nourrisson n’était pas reconnue par le corps médical. Les interventions se faisaient donc sans anesthésie, chose qui parait aberrante à l’heure actuelle, et même pour l’époque, on ne peut s’empêcher de se dire que ce n’est pas possible. Et pourtant … de fait, la démonstration scientifique de la capacité du nourrisson à ressentir la douleur n’a été faite qu’à l'approche des années 1990. Un scandale, limite.


Wikipedia, encore lui ...  aborde dans son article dédié le sujet du déni de la souffrance d’autrui, « en particulier en ce qui concerne la douleur chez l’enfant, apparemment très largement sous-estimée en milieu hospitalier. » Suit ce passage édifiant : « Chez l'enfant on revient de loin, pendant des années on a voulu ignorer que l'enfant ressentait de la douleur ... Et en effet la démonstration scientifique de la capacité du nourrisson à ressentir la douleur n'a été faite qu'en 1987, et donc sa prise en charge au préalable n'existait qu’exceptionnellement, même pour les interventions les plus lourdes. » Mon amie à la colonne vertébrale innachevée à la naissance n'est donc pas mytho. J'avoue, j'avais douté. 


De façon logique, j'ai donc été amenée à me questionner sur notre rapport à la douleur de l’Autre.


D'abord, la notion de déni (parfois collectif) de la douleur de l’autre, abordée lors d’une conférence du congrès de l’API. Face à un autre qui souffre, deux réactions humaines répertoriées :  empathie VS rejet. S'ajouterait à ce comportement de base le mécanisme de « résonnance émotionnelle » : nous aurons plus tendance à ressentir la douleur de l’autre si nous sommes lié affectivement à cette personne. Enfin, certains critères d'appartenance au groupe influenceraient également cette résonnance. Ethnie, religion, etc. Faut il comprendre que le processus d'empathie fonctionne mieux dans le contexte d'une auto-identification ? 


Ce mécanisme se joue de façon très inconsciente et le corps médical commence à aborder le sujet, car appliqué à ce milieu, la question peut poser quelques petits problèmes déontologiques. De fait, les soignants se distinguent eux-mêmes en deux groupes distincts : les « réservés » et les « sensibilisés » … guéguerres de profession à la clé, les uns accusant les autres du trop ou du trop peu de prise en charge des patients.


Les études sur la douleur se poursuivent, notamment en ce qui concerne les animaux. Les associations dédiées sont très actives, et de plus en plus nombreuses à revendiquer la douleur des animaux, ressentie au même titre que celle  des êtres humains. Le grand public expérimente des prises de conscience, dont le mouvement Vegan est sans aucun doute le plus représentatif.


Après ce petit tour d'horizon sur la thématique de la douleur, mon dernier mot sur le sujet sera une définition de référence, qui a été donnée en 1979 par L'IASP, International Association for the Study of Pain :


« La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d'une telle lésion ».


Et pour vous, mon dernier mot comme d'habitude ...


Take care.



Myriam K.



* Le congrès de l'API se déplace avec une réccurence cyclique sur 3 pays : France, Brésil et Espagne. Ainsi, tous les 3 ans le congrès a lieu à Paris au sein de la très belle faculté des Médecine des Saints Pères. L'API, avec le soutien de  Connaissance & Evolution, offrent à un public ciblé un événement extrêment qualitatif, auquel j'ai le grand honneur d'avoir participé en 2011, 2014 et 2017, grâce à l'intéret que porte ce public pour nos produits en général et l'intérêt du silicium en particulier.


**Contre la douleur Qenoa a pensé pour ses adeptes : crème anti-inflammatoire et antalgique Silicium.Or Articulations, crème post trauma/post effort CRIO S.O.S, soin de massage hydrosoluble Pediwell ; ces deux derniers produits ayant été pensés et élaborés pour répondre aux besoins des danseurs en terme de soin.


 




Photos Christian Newman et Christopher Campbell , site web Unsplash



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